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Pour tous les étudiants en physiothérapie de 2e, 3e et 4e année. Vous devez remplir ce formulaire avant le 13 octobre afin de participer à notre 5 à 7 qui aura lieu le mardi 22 octobre prochain à notre clinique du Complexe de la Santé à Sherbrooke.

Chirurgie de la prostate, continence et sexualité : que devez-vous savoir?

Chroniques

Vous allez bientôt subir une chirurgie de prostatectomie radicale totale, qui consiste à retirer la totalité de la prostate. Dans la grande majorité des cas, les hommes subissent cette chirurgie car ils développent une tumeur maligne (cancer) de la prostate. Le chirurgien enlève donc la prostate et avec elle les éléments du sphincter lisse qu’elle contient, l’urètre qui la traverse et les vésicules séminales. La continuité de l’appareil urinaire est rétablie par suture de la vessie à l’urètre. Au réveil, vous porterez une sonde urinaire. Elle y a été mise pour que la vessie reste au repos et que la suture entre la vessie et l’urètre puisse bien cicatriser. L’infirmière vous enlèvera cette sonde en général 10 jours après la chirurgie.

Après la chirurgie

Le jour où l’infirmière enlèvera la sonde urinaire, il est NORMAL que vous ayez quelques fuites d’urine, surtout aux changements de position ou à l’effort (tousser, se moucher, se lever d’une chaise…). Il est donc sage de vous équiper de pads de protection urinaire lors de votre rendez-vous pour le retrait de la sonde et pour les jours qui suivront. Ces fuites sont temporaires, et se résorberont 80% du temps à l’intérieur de 6 semaines. 90% des clients seront complètement continents 4 mois après la chirurgie.

Toute intervention au niveau de la prostate modifie la sexualité. Cela aura fait l’objet d’une discussion préalable entre vous et le chirurgien. Quand cela est possible, sans prendre de risques avec le cancer, le chirurgien conservera les vaisseaux et les nerfs qui passent en contact avec la prostate et vont ensuite irriguer et commander les corps érectiles. De nombreux clients conservent ainsi leurs capacités et peuvent avoir des rapports sexuels de qualité. Il peut s’écouler entre 3-4 mois et 1 ans avant un retour satisfaisant de la fonction sexuelle.

En quoi la physiothérapie peut vous aider?

La prise en charge en physiothérapie pelvi-périnéale chez les clients qui subiront une prostatectomie permet en général de réduire l’intensité des fuites au retrait de la sonde urinaire, réduit la durée et l’intensité des fuites dans la période de récupération, et permet un retour plus rapide aux activités significatives, incluant les rapports sexuels. De plus, la rapidité de prise en charge post-op est importante : les clients vus à moins de 3 mois ont plus de chances de retrouver la continence que ceux qui attendent avant de débuter les traitements.

Avant la chirurgie, le but de la première séance en physiothérapie sera, en plus de vérifier les facteurs de risque de dysfonction pelvienne que vous pourriez présenter, de vous apprendre à développer la musculature volontaire (sphincter strié) de telle sorte qu’elle se substituera le plus possible à la musculature automatique (sphincter lisse).

Suite à la chirurgie, vous devrez poursuivre vos exercices. À 6 semaines et à 4 mois post-opératoire, il est conseillé de revoir la physiothérapeute pour s’assurer de la fonction optimale de vos muscles pelviens. Si des problématiques persistent, des suivis plus réguliers pourraient être envisagés.

Patience et persévérance seront vos alliés durant les prochains mois.  Sachez que dans la grande majorité des cas, vous noterez une amélioration progressive durant la première année si bien que la grande majorité des clients regagnent une excellente continence urinaire et peuvent retourner à leurs occupations, comme avant!

 

Document inspiré de : Enseignement pré-opératoire pour l’opéré de prostatectomie radicale totale, clinique pelvi-périnéologie du CHUS, Sherbrooke.
Rajkowska-Labon E et coll (2014) Clinical study: Efficacy of physiotherapy for urinary incontinence following prostate cancer surgery, BioMed Research International, Article ID 785263, 9 pages http://dx.doi.org/10.1155/2014/785263